Bonjour à tous,
Je m’appelle Gauthier, et je suis l’un des petits-enfants de Papi Claude.
Aujourd’hui, j’aimerais parler de lui simplement, avec mon cœur.
Papi, c’était quelqu’un de discret, mais dont la présence comptait énormément. Il n’avait pas besoin de parler fort pour qu’on se sente bien, pour qu’on se sente aimé. Tout passait dans ses gestes, dans son regard, dans cette douceur qui le définissait.
En écoutant les mots de mon père et de ma sœur, je mesure à quel point il savait être différent avec chacun.
Avec Pauline, il avait cette tendresse malicieuse.
Avec mon père, un lien fait de respect et d’admiration.
Avec ma mère, quelque chose d’encore plus profond : elle était sa petite fille chérie, celle qu’il protégeait d’un amour immense.
Et avec moi, il y avait cette force tranquille, cette manière de transmettre sans jamais imposer. J’étais un compétiteur, toujours prêt à le défier, à le provoquer, et lui répondait toujours présent, avec ce mélange de sérieux et de sourire qui n’appartenait qu’à lui.
On se chambrait tout le temps, surtout sur le foot : lui, l’OM dans le sang ; moi, le PSG dans le cœur. C’était notre rituel. Et je suis presque heureux qu’il soit parti après avoir vu les deux Ligues des Champions du PSG… même si je sais qu’il aurait trouvé le moyen de me dire que “ça ne vaudra jamais la première étoile de l’OM”. Rien que d’y penser, ça me fait sourire. C’était nous.
Je veux aussi rappeler un geste qui dit tout de l’homme qu’il était.
Quand le médecin a dit à ma mère qu’il fallait profiter de son papa, que le tabac allait l’emporter trop vite, elle s’est effondrée. Et en la voyant pleurer, il a tout arrêté. Du jour au lendemain. Par amour. Par volonté de rester là. C’était lui : un homme qui aimait en actes, pas en paroles.
Son départ, lui, n’a rien eu de progressif. Il est parti du jour au lendemain, sans signe, sans maladie. La veille encore, il faisait un FaceTime avec ma mère et ma sœur. Il souriait, il parlait, il était là, pleinement là. Rien ne laissait imaginer que ce serait la dernière fois. Cette brutalité nous a coupé le souffle.
J’ai aussi envie de parler de ce que nous partagions : le sport.
Depuis que je suis petit, on regardait tout ensemble : le vélo, surtout le Tour de France, la natation, le foot, le rugby… C’était notre moment à nous. Il vibrait, il commentait, il s’énervait, et moi je vibrais avec lui. Ces souvenirs-là resteront gravés en moi.
Papi, c’était aussi la pêche, la chasse, la nature, la patience, le silence. Une manière simple et vraie d’être au monde. Et je crois que c’est exactement ce qu’il nous laisse : une façon d’aimer, de savourer, de rester fidèle à ce qui compte vraiment.
Son départ laisse un vide immense.
Mais je veux surtout retenir ce qu’il nous a donné : sa gentillesse, sa simplicité, son amour, cette humanité qui faisait de lui quelqu’un d’unique.
J’aime imaginer, comme Pauline l’a dit, qu’il marche quelque part, serein, sur une colline, avec Oslo à ses côtés.
Et je sais qu’il continue de veiller sur nous, à sa manière, discrète et bienveillante.
Papi, merci pour tout.
Tu resteras dans nos vies, dans nos souvenirs, et dans ce que nous deviendrons grâce à toi.